Stage PAC – Progression Accompagnée en Chute

Stage PAC - saut en parachute

Ceci n’a pas grand-chose à voir avec le PPL, mais vue que ça se passe dans les airs… Nous avons décidé de partir entre amis passer le stage PAC (Progression Accompagnée en Chute). En gros sauter en parachute 😮

En route vers Tallard pour passer la PAC

Entre pote sur le depart pour le stage PAC - parachuteNous partons de Montpellier le dimanche 3 septembre en direction de Tallard, près de Gap. Après 3 longues heures de route, où nous avons eu le temps de nous demander ce qu’on était en train de faire, nous arrivons dans un chalet. Je dois avouer que l’idée de faire demi-tour et partir passer la semaine à Ibiza a été évoquée quelques fois durant le trajet :). La légende raconte même qu’on avait prévu de se filmer sur un fond vert pour pouvoir dire à nos amis que nous étions bien parti sauter.

Nous débuterons notre stage PAC le lendemain matin à la CERPS, l’un des meilleurs centres de France et d’Europe. La pression monte !

PAC : Premier jour théorique

parachute gap-tallard cerpsRéveil de bonne heure ce matin, la peur commence à se lire sur nos visages. Allons-nous sauter dès le premier jour ? Dans quoi on s’aventure ? 8h30 du matin en vacances ? Mais quelle idée !!! :p Après un bon petit déjeuner, nous partons pour le centre.

Dès notre arrivée on commence par remplir des formulaires (qui contacter en cas de pépin,… ) et des chèques :). Ensuite nous serons pris en charge par Thomas Jeannerot qui sera notre instructeur au sol. Thomas est champion du monde et d’Europe en atterrissage de précision et tout un tas d’autres palmarès. C’est d’autant plus rassurant quand il nous dit qu’on ne sautera pas aujourd’hui. Un certain soulagement pouvait se voir sur nos têtes toutes blanches 😀

La plupart de la journée va porter sur la théorie sous voile, c’est à dire une fois que le parachute s’est déclenché. Car effectivement, c’est la seule partie du saut où nous serons totalement seul jusqu’à l’atterrissage. Il a donc plutôt bien capté notre attention.

Tableau de synthèse des incidents en parachute

Tableau de synthèse des incidents en parachute

Pour faire court, Thomas va nous présenter tous les cas de figure de problèmes qu’on peut rencontrer avec la voile. Mauvaise ouverture, déchirure, emmêllage, … Plus il avance dans ses explications, plus on a chaud, plus on se décompose, plus on devient blanc !! Ahahahah !! Surtout qu’on nous expliquera qu’à la fin du stage, que beaucoup de ces cas peuvent difficilement arriver avec une voile école… Au moins on est préparé.

Nous verrons aussi comment vole une voile et le circuit de piste avec le vent arrière, la base, la finale et l’arrondi. Au moins sur cette partie je ne suis pas perdu 😉

La journée se terminera vers 17h-18h, on rentrera totalement lessivé avec toutes les informations de la journée, ça me rappelle mon tout premier vol en avion :p

Premier saut de la PAC le 2ème jour

Sale tête avant le premier saut en parachute de la PACNous sommes Mardi, il est 6h30 du matin et on n’ a pas beaucoup dormi. La plupart d’entre nous n’avons pas arrêté de nous réveiller en panique ou faire des insomnies ! Stressé ? naaaaannnnn ça doit être la lune ! Ahahahah tu parles, tu verrais nos têtes au petit déjeuner on n’est pas fier. Il se mélange un sentiment d’excitation, de stress et tout un tas d’autres trucs que je ne pourrais expliquer. Les mains commencent à être très très moites et si on a pu avoir un problème de transit avant de venir… baahh y a plus de problème !!!

Le briefing avec notre instructeurCERPS-parachute

En arrivant au centre nous serons pris en charge par des moniteurs, et Thomas restera au sol pour nous guider. Nous serons deux par moniteur. Je fais donc connaissance avec Yvann Rodier, un dingue piqué par le parachute qui ne souhaite qu’une chose c’est partager sa passion.

Il nous demande d’aller nous changer, de prendre notre matos pour ensuite commencer le briefing. Nous nous entraînerons à la position, que dis-je « THE position » à faire pendant le saut afin que tout se passe bien. Pendant le briefing, Yvann expliquera que lors de notre premier saut, nous serons avec 2 instructeurs dont un qui nous tiendra en permanence. Les sauts suivants ne se feront qu’avec lui.

Les premiers départs

Nos noms s’affichent sur un grand écran au centre du hangar. Nous pouvons voir l’ordre de départ et comment nous allons être répartis dans les différents vols de la matinée. Effectivement nous ne pourrons pas tous être dans le même avion. Malheureusement je vais devoir attendre un peu car je me retrouve dans le dernier passage 🙁

Les premiers à partir commencent à s’équiper avec leur parachute et se font vérifier par un instructeur. Il serait dommage d’avoir oublié de démarrer le parachute de secours ou d’oublier d’attacher une sangle :p. Une fois que tout est bon, ils montent dans un camion qui les emmènent au bout de la piste où l’avion les attend.

L’avion part sans attendre pour monter l’équipe au point de largage à 4000 mètres d’altitude verticale du terrain. Ça prendra environ 15 minutes. Je peux te dire que le temps est long à ce stade là et nos mains ne sont plus moites, ce sont des rivières.

Les premiers largages

Essayer de voir l’avion depuis le sol lorsqu’il largue n’est vraiment pas évident. Mais c’est d’autant plus compliqué à regarder lorsque tes potes se jettent de l’appareil. Ce sont de micro point noir dans le ciel. Il faut avoir une bonne vue. Il se passera environ 50 secondes avant qu’ils déclenchent leur parachute et qu’on puisse les voir facilement. 50 secondes c’est très court lorsqu’on saute, c’est très long lorsqu’on attend. J’aperçois les premiers parachutes, c’est un truc de dingue, je commence à sentir l’adrénaline qui monte en moi alors que je ne suis même pas encore parti !

5 minutes plus tard, on voit notre premier pote arriver sur la zone d’atterrissage. Il se dirige vers nous avec un sourire plus grand que son visage, des cheveux en vrac comme s’il sortait d’une machine à laver, et des yeux qui ne réalisent pas encore ce qu’ils viennent de voir ! Le plus fou d’entre nous, qui nous dit qu’il n’a jamais fait un truc aussi dingue !!! Maman !

PAC : Mon premier saut en parachute

Avion Pilatus PC-6 pour largage parachute

Avion Pilatus PC-6 pour largage parachute

Tout le monde est passé, c’est à mon tour de me préparer et de monter dans le dernier avion de la matinée. J’ai une rivière de transpiration dans les mains, mais il me tarde d’y être pour enfin voir ce que ça fait. Je retrouve Yvann sur le tarmac qui me place dans l’avion un Pilatus PC-6. Son petit moteur turbine ne fait pas vraiment le même bruit qu’un DR-400 ^^.

Je me sens plutôt bien dans l’avion, malgré le fait qu’on soit tous tassés, car il y a 8 autres personnes avec nous (histoire de rentabiliser le vol).

Une fois arrivés à 4000 mètres, le moteur ralenti, l’avion fait un pallier et la grande porte latérale s’ouvre. C’est impressionnant de voir le vide en dessous. Un air froid rentre dans l’avion, car il fait 25 degrés de moins qu’au sol. Je vois les premiers se jeter dans le vide. Tu vois cette sensation de voir quelqu’un tomber, de te dire « mon dieu !  » et d’avoir le réflexe d’essayer de le rattraper ? Bah c’est ce qu’il se passe en moi à ce moment-là. Je devais très certainement être tout blanc 😀

La chute

Arrive alors mon tour. Mes 2 instructeurs se positionnent de chaque côté. Ils me font signe de me mettre en place, c’est à dire un genou à terre, les mains sur les genoux au bord du vide. Puis, je regarde mon instructeur de droite qui me dit « OOkkayyy ». Je collationne en disant « ooKeey ». Ensuite je me tourne vers mon instructeur de gauche (Yvann) pour faire la même chose. Je regarde dehors droit devant et je me jette !!!

Je me vois sortir de l’avion comme aspiré dans le vide ; Projeté sur le côté par le vent relatif de l’avion ; Le vent froid sur le visage et puis… plus rien ! Les 10 secondes d’après je ne me rappelle plus de rien. Blackout total (ce qui ne m’arrive jamais, même après une bonne cuite).

Le souvenir d’après, je vois Yvann venir devant moi, me faire des signes pour que je pense à respirer et me relâcher. Effectivement je crois que le vent relatif dans le nez m’a tellement choqué que j’ai arrêté de respirer pendant un moment. Je pense que mon champ de vision était très restreint. J’essayai de me rappeler de chaque signe que me faisait Yvann (cambrer, resserrer les jambes, tendre les jambes, … Mais sous le choc j’ai eu beaucoup de mal à percuter. Arrive déjà le moment où il faut déclencher, j’arrive quasiment à trouver la poignée du premier coup et à sortir le hand-deploy moi-même (mini parachute qui sert à sortir le gros). Le deuxième instructeur m’a quand même bien aidé.

L’ouverture

Dans la seconde qui suit, ton parachute s’ouvre, tu passes de 200 à 30km/h en un rien de temps. La totalité de tes idées se remettent en place, tu te remémores ton cours théorique de la veille et tu commences à parler à ton parachute. « Ouvre toi stp ! Ne t’emmêle pas stp ! stp ! stp ! ».

Une fois l’ouverture terminée, tu prends les commandes pour réaliser la « Mise en Oeuvre ». C’est à dire que tu tires à fond sur les commandes pour être sûr que rien ne soit bloqué et que le parachute se contrôle bien. Tu regardes entre tes jambes pour te situer et autour de toi pour retrouver tes potes. Un petit clin d’oeil à dieu (même si t’y crois pas, sait-on jamais) et tu fais ta descente.

L’atterrissage

Après c’est un peu comme en avion, tu te présentes  en « Vent Arrière », puis tu rentres en « Base », pour enfin rentrer en « Final ». Tu regardes droit devant toi et à 2 ou 3 mètres du sol tu tires sur les commandes progressivement pour faire ton arrondi. Si tu le fais trop tôt, tu décroches et tu tombes ; si tu le fais trop tard tu manges le gazon. Personnellement j’ai tout essayé, avec une petite préférence pour le trop tôt (on ne change pas les mauvaises habitudes :p)

PAC : 2ème saut de la journée

On fera un deuxième saut dans la foulée après un débriefing vidéo au sol avec Yvann. Y a tellement de choses à corriger que je refais un saut avec 2 instructeurs :/. Alors que les autres partent pour leur second saut du stage avec  un seul instructeur, mon pote et moi devons ressauter comme au premier. Il nous demande de plus se lâcher et arrêter de réfléchir… Hummm… mais on doit penser à tendre les jambes, se cambrer, lever le menton, ne pas écarter les jambes, garder les bras au niveau des épaules… Ahahahah… promis j’essaye… 🙂

On ne peut pas dire que celui-là aura été glorieux, mais toujours un peu mieux que le précédent. Au moins je n’ai pas fait de blackout. Une fois au sol, débrief à nouveau et ça sera tout pour la journée. On est tous exténués. D’après eux, les premiers sauts sont l’équivalent d’une journée de travail d’un point de vue fatigue. On a eu notre dose !

Pliage de la voile

L’après-midi c’est pliage de parachute. La grosse blague ! Tu as vu le nombre de ficelles ?! Bon en réalité les ficelles sont des suspentes et malgré le chaos visuel que c’est, il y a une technique pour s’y retrouver. Mais alors le pliage lui-même de la voile, là c’est l’enfer !

Pour s’exercer, un des instructeurs prend un parachute au hasard dans l’armoire pour qu’on s’entraine au pliage. Devine lequel il a pris ?! C’est bien ça… Bibi. Il faut savoir qu’il y a plusieurs points de contrôle tout au long du pliage. A chaque fois que nous passons une étape nous devons la faire vérifier par un instructeur habilité. Mais l’idée de devoir sauter le lendemain avec un sac qui a été plié par mes potes ne me rassure pas du tout !

Bref évidement nous sommes les bleus de la semaine, donc les moniteurs en jouent à fond et on se met bien la pression. Une chose est sure, c’est qu’au moment de déclencher le lendemain, je n’ai fait que penser à ce fichu pliage.

Les vols suivants et le solo

Les jours suivants seront sur le même principe : sauter le matin, plier l’après-midi. Chaque saut nous essayerons de nous améliorer pendant notre chute ce qui n’est pas évident pour ma part. J’ai beaucoup de mal à trouver mes marques. Je vois mes amis tester tout un tas de type de sortie de l’avion, mais je reste bloqué toujours sur celle de base car mon moniteur veut que j’améliore ma position. Il n’a certainement pas tort, mais c’est un peu frustrant et décourageant. Nous devons faire 6 sauts avant de pouvoir être potentiellement lâchés solo.

Lors de mon 6ème sauts, Yvann me demande de sortir en boule avant. Enfin une sortie originale !!! Je crois que c’est la première fois depuis le début que j’apprécie réellement le saut. Je commence à comprendre ce que tout le monde ressent. J’arrive plutôt bien à sortir de ma boule et me stabiliser. J’essaie quelques virages, dont je n’arrive pas totalement à sortir sans l’aide de mon instructeur.

Une fois au sol, mon moniteur me demande de faire encore un saut avec lui pour valider cette sortie de virage avant de pouvoir me lâcher en solo. Cependant ce saut n’est pas compris dans la formation PAC et me demande de débourser 160 euros de plus. Ayant déjà la formation PPL à payer et pas au top d’un point de vue financier, je décline l’offre et fait une croix sur mon saut solo. Ce n’est que partie remise. Mon pote est dans la même configuration que moi, lui repartira pour un dernier saut et terminera ensuite par un solo avec tous nos amis dans l’avion.

Conclusion

parachutiste du dimancheLa PAC est sans aucun doute l’activité la plus dingue et intense que j’ai pu faire dans ma vie. Je n’ai pas été piqué avec un souvenir intense de mes toutes premières sensations comme j’ai pu l’avoir à mon premier vol en avion. C’est clair que cette activité c’est tomber, et non pas voler. Cependant le plaisir que j’ai pu éprouver lors de mon dernier saut me donne envie d’essayer de continuer un peu plus tard. Pour me faire un bon kiff solo au moins une fois :).

C’était une expérience extraordinaire absolument à faire une fois dans sa vie et un super moment à partager entre amis. Si j’ai qu’un conseil à donner : Fais de la soufflerie si tu en as la possibilité. Il y a de forte chance que ça t’aide à progresser plus vite pendant le stage.