Vols sans instructeur… ou presque ! (Jour 20)

Jour 20 - Vols sans instructeur... ou presque !

Dans le but de préparer le lâcher solo, notre instructeur a décidé de faire comme s’il n’était pas dans l’avion aujourd’hui. Donc volons comme si nous étions sans instructeur à bord…

Briefing : un vol autonome

J’ai regardé en boucle les vidéos de notre dernier vol pour essayer de comprendre où  je pêche le plus. J’ai surtout admiré l’atterrissage de Marc où les roues font à peine de bruit au moment de toucher le sol. Je pense avoir compris ce que je faisais mal. En voulant « retenir » la roulette de nez, je retenais le manche, alors qu’en fait je dois continuer le mouvement même lorsque les roues ont touché le sol. Déterminé, je compte bien me concentrer là-dessus pour faire le plus bel arrondi possible.

Évidement c’était sans compter sur la petite nouveauté du jour de notre instructeur. Nous allons bientôt devoir faire un vol avec Walter, le superviseur de Marc. Il veut donc effectuer un dernier vol en nous laissant le plus d’autonomie possible, car c’est comme ça que se déroulera celui avec Walter.

Vol : ambiance pesante

Pour être honnête, cette petite surprise de dernière minute m’a un peu déstabilisé et chamboulé mes plans de la journée. Le stress est vite monté en moi ! Pour ne rien arrangé, la piste 30 gauche est en service avec un léger vent dans le dos pour atterrir. Tout ce que je déteste !!

Dès le premier décollage, on peut directement sentir l’ambiance pesante. Personne ne parle, je suis stressé et je n’entends même pas la Tour qui m’appelle (pour le coup je crois avoir mal réglé le volume de mon casque). J’essaie de me concentrer quand même sur mes arrondis et mes plans pour les réussir du mieux que je peux mais ce n’est pas la joie et je suis vite déçu du résultat.

Je remets les gaz, repars pour un tour. Même au décollage il y a à redire. Marc me dit que je ne suis pas rentré en vent traversier assez tôt. Romain me fait signe que j’ai oublié de rentrer les volets. Bon sang j’ai chaud !
J’ai beaucoup de mal à me concentrer et je fais connerie sur connerie ! Histoire de rester dans ma lancée, je commence ma procédure en vent arrière alors que je ne suis même pas dans l’arc blanc. Cela signifie que théoriquement, ma vitesse est trop élevée pour sortir les volets. Je crois ne jamais avoir fait cette erreur auparavant ! Évidement Romain l’a vue immédiatement et me le fait remarquer à juste titre. Je sens déjà que ce vol va être long…

Attention à la vitesse lors de l’approche !

Couverture du livre : "Mémorables moments d'un instructeur."

Couverture du livre : « Mémorables moments d’un instructeur. »

J’arrive de nouveau en final, mon plan n’est pas trop mal, mon arrondi est loin d’être le plus moche, micro victoire ! youpi !! Mais ça sera de courte durée. Car le coup d’après, Marc me fait remarquer que ma vitesse d’approche était 10 à 15 km/h trop haut. J’étais tellement focaliser sur le plan que j’en ai oublié la vitesse. En plus en ayant le vent dans le dos, c’est vite traître. Allez, joue encore…

Demi-tour en vent arrière pour changer de piste

Sans transition, puisqu’on est dans la journée de la surprise, la Tour nous propose de changer de piste d’atterrissage pour passer en 12 Droite. Ce qui d’un point de vue vent m’arrange grandement, mais un poil déstabilisant puisque que les repères seront différents. Donc demi-tour en vent arrière, direction piste 12R.
Vitesse de descente trop haute, piste overshooté (dépassé dans le dernier virage), bafouillage à la radio, trop haut sur le plan, … GÉ.NI.AL !! Ah et pourquoi ne pas sortir le réchauffage carburateur au moment du décollage aussi, après tout ?! Bon je ne suis pas dedans là !

On frôle la catastrophe ?

Marc me propose de faire 2 PTU pour finir, je suis assez fatigué mais je m’y tente. Ils ne sont pas glorieux. Sur l’avant dernier PTU, il m’arrive la même mésaventure qu’a Romain l’autre jour. Ma roulette de nez reste bloquée, mais heureusement Marc a le bon réflexe et rattrape l’avion hyper bien. Je commence à en avoir marre, le stress, la fatigue et l’énervement ont raison de moi, arrêtons le massacre pour aujourd’hui, je laisse ma place à Romain.

F-GNNI, l’Eleanor de Romain

Pour ceux qui ne sont pas de notre génération et qui n’ont pas saisi la référence –> https://www.youtube.com/watch?v=RedV7vhVKHY

Romain appréhende beaucoup de voler de nouveau sur le F-GNNI après sa dernière sortie de piste sur cet appareil. Mais il se fait violence et remonte en selle. Pas de bol pour lui, le vent est quasiment devenu plein travers, les atterrissages vont être assez sport.

Ça ressemble à une lutte permanente contre le vent. Maintenir la bonne vitesse de descente, garder l’avion aligner avec la piste, arriver en crabe, redresser le nez de l’avion au moment de toucher, compenser avec le manche…. pooowww le pauvre ! Pourtant il se débrouille plutôt bien.

Marc prendra les commandes pour nous décomposer l’atterrissage avec du vent de travers. On voit clairement qu’il lutte à son tour. C’est impressionnant !

Romain finira par faire un superbe atterrissage en se battant contre le vent, tellement cabré que je ne voyais même plus la piste, ainsi que 2 PTU parfaitements exécutés. Au final c’était chaud mais plutôt beau à voir !!

Débriefing : un vol formateur

Décidément cette journée n’aura pas été de tout repos pour moi comme pour Romain. Mais pleine de petites difficultés et challenges qui ont été très formateurs. On peut voir que le facteur humain fait partie intégrante du vol, même si pour autant nous maîtrisons certain sujet, l’erreur peut arriver à tout moment et on doit savoir gérer son stress et ses peurs.

Jour 20 – Vols sans instructeur (cloudahoy)

Nous devons maintenant prendre RDV avec Walter pour notre prochain vol afin qu’il puisse valider le fait qu’on soit lâché en vol solo ou non. Suite au prochain épisode…

Coût total

  • Solde précédent : 3051,61€
  • 44 min de vol avec instructeur : 98,27€
  • Total : 3149,88€

Heures totales de vol : 14h49 min.
Atterrissage total : 46